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Les adolescents et le sport

 

Lors des entretiens avec les parents, quand nous abordons la question des activités sportives extra-scolaires, nous entendons souvent : « il n’a déjà pas assez de temps pour travailler », « je l’ai privé de ses cours de judo ». Les chiffres sont du reste éloquents : un adolescent sur cinq ne pratique aucun sport et le temps que les jeunes passent devant un écran leur font perdre l’envie de se dépenser physiquement. Le sport serait-il une perte de temps ? une récompense ? une source de fatigue ou au contraire une nécessité ?

Les bienfaits de la pratique sportive sont évidents à bien des niveaux.

Sur le plan physique tout d’abord, le sport développe les muscles, consolide les os, diminue le risque d’obésité et prévient de nombreuses pathologies. Il développe l’adresse, l’équilibre, la vitesse. Nous parlons là d’une pratique raisonnable évidemment, sans excès, d’une pratique qui reste un plaisir, un moment agréable qui ponctue la semaine. Pour atteindre une telle satisfaction personnelle, il faut que le jeune choisisse lui-même une activité selon ses goûts et ses aptitudes. Les séances d’entrainement doivent être des moments de détente, un délassement, une possibilité d’évacuer le stress accumulé, de laisser libre-cours à son énergie. Les matchs ou compétition sont une occasion de participer à un challenge, de relever un défi, d’éprouver ce sentiment intense qu’est la joie de la réussite.

Les vertus de la pratique sportive sur le plan psychologique ne sont plus à démontrer et pendant cette période critique qu’est l’adolescence « l’arrêt du sport est souvent lié à une mauvaise estime de soi » comme l’affirme Sylvain Quinart, éducateur médico-sportif. Nous constatons en effet que les jeunes qui ont pratiqué des activités extra-scolaires et qui les abandonnent sont mal dans leur peau et cela doit constituer une alerte pour les parents.

Selon les données françaises de l’enquête internationale publiée par le réseau Health Behaviour in School-aged Children, si le sport est bénéfique pour un bon développement psychologique, il pourrait également contribuer à améliorer les performances scolaires.

Différentes enquêtes américaines et danoises confirment que pratiquer un sport est excellent pour la concentration, la perception et participe aux bons résultats scolaires des jeunes.  Les enfants les plus sportifs ont une meilleure mémoire quel que soit leur milieu socio-économique. La construction d’une stratégie développe les capacités intellectuelles d’organisation, de conceptualisation. Tous les sports obéissent à des règles précises et la décision de l’arbitre est indiscutable. Ainsi cadré et encadré, le jeune apprend à accepter l’autorité qui régule les actions. Cet apprentissage lui est précieux dans sa scolarité, lui faisant ressentir le bien-fondé de cet encadrement qui structure et pose les limites.

Au-delà de cette formation de l’individu, la pratique sportive constitue aussi, particulièrement dans les sports collectifs, une éducation sociale. Elle fournit une occasion de partager une activité, de se fondre dans un groupe, de se faire une place tout en respectant l’autre. Même les sports dits individuels peuvent se pratiquer en équipe : ainsi le tennis, l’escrime où l’effort de chacun sert la cause commune et participe au résultat des coéquipiers. L’émulation est réelle tandis que des liens de franche camaraderie peuvent se tisser.

Si le sport favorise la naissance des amitiés, pratiquer une activité physique en famille ou avec un de ses proches renforce les relations, donne l’occasion d’établir une relation privilégiée, de vivre un moment partagé, d’être ensemble dans un élan sans compétition ou dans lequel la rivalité devient complicité.

Le fondateur du Cours, Monsieur Cambillard, a choisi de le mettre sous l’égide de Michel de Montaigne. Alors, remémorons-nous l’expression latine de Juvénal « Mens [Anima] Sana In Corpore Sano » reprise par l’humaniste sous la forme devenue proverbiale « Un esprit sain dans un corps sain » puis par la marque Asics qui en a utilisé l’acronyme pour créer son nom. Une assertion dépassée au XXIème siècle ? Non, la firme Coca Cola a repris ce thème dans une publicité récente : « Le sport, c’est le bonheur ». Grâce à la pratique sportive, le jeune se construit : son corps devient un allié, son mental est renforcé. De façon beaucoup plus large il s’inscrit dans un groupe social au sein duquel il interagit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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